Rencontre d’échanges d’expériences Entre les animatrices de JƐDUMAN (Kayes) et d’ARAFAT (Tambacounda)

Du 06 au 11 Août 2015 s’est tenue à Tambacounda une rencontre d’échanges d’expériences entre les animatrices de l’Inter Association Aliniha Autogérée « JƐDUMAN » des Femmes du Cercle de Kayes (République du Mali) et celles du Réseau des Associations Aliniha Autogérées des Femmes de Tambacounda (ARAFAT) (République du Sénégal). La rencontre a été facilitée par le CAMIDE par l’intermédiaire de M. Mamadou DIAWARA, Responsable des Opérations.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Madame. BAH Fatimata NIANG, présidente d’ARAFAT qui a tout d'abord tenu à souhaiter la bienvenue à la délégation de Kayes. Dans son intervention elle a précisé que la rencontre se situe dans le cadre d’échanges périodiques entre les équipes techniques des deux inters AAA. Une initiative murie par le CA de AI (Aliniha International) et qui a été validée lors du CA de Kayes du 21 au 24 juillet 2015. Elle a ensuite rappelé les points essentiels qui seront abordés en particulier la capitalisation d’expériences. Madame BAH a demandé aux animatrices de bien profiter de l’opportunité pour faire des échanges fructueux et améliorer leur façon de travailler. Elle a enfin remercié la Fondation Marie et Alain Philippson  (FMAP) pour son appui financier avant de déclarer ouverte la rencontre.

                

 Pour introduire le module 1 : Entrer en capitalisation, l’exercice du miroir a été fait par deux animatrices. Cet exerce explique pourquoi capitaliser.

Ce module a permis de comprendre certains concepts de la capitalisation notamment :

La définition de la capitalisation qui est de :

  • créer de la connaissance à partir de nos expériences,
  • valoriser tous ceux qui détiennent du savoir,
  • favoriser un esprit de solidarité et de partage,
  • mettre les acquis de l’expérience au service de tous.

Les bénéficiaires de la capitalisation : Le premier bénéficiaire est celui qui capitalise ensuite viennent les autres.

La fonction de la capitalisation dans une organisation qui est très importante. Elle permet de se servir du passé pour améliorer les pratiques à venir. C’est pourquoi la capitalisation doit être intégrée dans nos activités de tous les jours.

L’accent a été mis sur la différence entre l’évaluation et la capitalisation 

L’évaluation est un jugement de valeur alors que la capitalisation n’a d’autre objet que de rechercher ce qui dans l’expérience peut être utile à nous-mêmes et à d’autres.

On estime que la « science », le « savoir » sont détenus par des intellectuels, experts, ingénieurs, avec une grande prédominance du savoir occidental.

La capitalisation valorise le savoir des « exclus » de ce système : les paysans, les agents de terrain, les « sans-formation » dont le savoir acquis par l’expérience est une richesse

A noter que la capitalisation se résume en cinq étapes :

  • identifier un sujet de capitalisation,
  • collecter l’information autour de ce sujet,
  • traiter l’information collectée,
  • produire le support,
  • diffuser et utiliser / exploiter le support.

L’utilité de la capitalisation a été abordée à savoir pourquoi capitaliser ? Pour qui capitaliser ?

La capitalisation ne doit pas être prise comme une activité à part, déconnectée des autres, elle doit être intégrée à chaque activité, puisqu’elle est au service de nos actions

Dans le module II : S’organiser, l’accent est mis sur comment s’organiser pour faire la capitalisation et cela dans la perspective d’un thème à capitaliser.

Il faut s’organiser pour mieux capitaliser et pour se faire il faut concevoir l’esquisse qui permet de clarifier les idées.

Il est important de choisir la forme qui conviendrait le mieux pour le document final  en fonction du public cible c'est-à-dire un article, un récit, un dépliant, un manuel, un portrait, une fiche technique, un film ou un théâtre.

Identifier la méthode pour collecter les informations et comment les exploiter.

Faire l’ébauche du plan du document, il s’agit d’élaborer un plan prévisionnel du document final.

Préciser les objectifs et les actrices de la capitalisation. La meilleure capitalisation est faite par les actrices elles même.

La capitalisation peut avoir un seul public l’équipe interne de la structure qui veut mettre à plat un échec afin d’analyser, de comprendre et ne plus reproduire les mêmes erreurs.

Pour s’organiser il faut prévoir les moyens matériels et logistiques. Prévoir le budget, même avec un petit budget on peut avoir un bon résultat. Et prévoir le calendrier en six étapes :

  • Elaboration du projet 
  • Collecte des données
  • Traitement des données
  • Conception du support
  • Fabrication de support
  • Diffusion du document

Le module III : Constituer le capital. Généralement, on parle de « capital » dans le domaine financier, mais ici, c’est l’expérience qui représente le capital, en tant que richesse qui a également une valeur, et que l’on peut stocker, échanger, faire fructifier …

Mais pour constituer ce capital, il va falloir collecter toutes les informations nécessaires :

  • Les rapports d’activités, les comptes-rendus de rencontres, les rapports d’évaluation … toute cette documentation qui se trouve généralement dans les archives de toute organisation peut être utile.
  • Les photos représentant les activités au siège, sur le terrain … peuvent également être utiles pour illustrer le document final

Faire une petite recherche documentaire : dans les bibliothèques, les centres de documentation, sur internet.

Le principal lieu où trouver les données qui vous permettront de rédiger votre document de capitalisation, c’est dans la mémoire des acteurs de l’expérience ! Il va donc s’agir de matérialiser les ouvrages de ces bibliothèques vivantes.

Les autres étapes se résument à la collecte et au traitement des données. A savoir :

  • Comment bien mener un entretien
  • Comment approcher les acteurs
  • L’élaboration du guide d’entretien
  • L’administration de l’entretien
  • Capter les images
  • Classement des données
  • Traitement des informations
  • Et enfin assembler les éléments.

Pour mieux appréhender le concept de capitalisation et les différentes terminologies employées, cinq modules audio ont été écoutés et analysés par les participantes. Le point le plus important était surtout leur feedback après avoir écouté les éléments audio. L’objectif fixé est de traduire ces modules en langues locales et diffuser auprès des femmes de nos AAA (Association Aliniha Autogérée) pour leur permettre de comprendre le concept de capitalisation et pourquoi il faut capitaliser. Les modules concernés sont :

  • Module audio 1 : Qui sont les personnes et les organisations qui trouvent des stratégies performantes (études IDEO)
  • Module audio 2 : c’est quoi une donnée
  • Module audio 3 : C’est quoi une information
  • Module audio 4 : C’est quoi la connaissance
  • Module audio 5 : C’est quoi les compétences et l’expertise

Un inventaire des outils de gestion des deux inters AAA a été fait. Il a été décidé d’utiliser les mêmes  outils de gestion pour pouvoir produire les mêmes données. Certains outils ont été uniformisés lors de la rencontre. Ce travail va être finalisé par le CAMIDE.

Pour la programmation des activités en plus des plans d’actions triennaux et annuels, les programmations mensuelle et hebdomadaire seront faites. La programmation hebdomadaire sera précédée de la restitution des activités de la semaine précédente.

De même les rapports mensuels, trimestriels et semestriels seront présentés.

La rencontre a été l’occasion de définir et de valider les rôles et responsabilités des animatrices dans la conduite des activités des AAA et inters AAA

On retient que l’Animatrice principale est la cheville ouvrière de l’inter AAA. A ce titre elle veille au bon fonctionnement des organes et des structures membres de l’inter AAA. Elle organise, coordonne et suit les activités des autres animatrices sur le terrain.

L’animatrice secondaire participe à la programmation des activités, collabore avec les animatrices locales et fait le suivi des activités des AAA.

Le modèle de rapport d’activités utilisé ne répondait plus aux préoccupations actuelles des inters AAA. Pour assurer une bonne communication interne le rapport d’activités doit refléter les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de l’inter AAA. Il est important que les femmes se voient dans leur rapport d’activités. D’où l’utilisation de l’outil FFOM pour mieux analyser les activités de l’inter AAA et définir les perspectives.

La synthèse des travaux de groupe a permis de faire une proposition de canevas de rapport  d’activités.

La trésorière d’ARAFAT, Mme. Poulo DIAW, déléguée par la présidente a clôturé la rencontre. Elle s’est réjouie du climat dans lequel la rencontre s’est déroulée et surtout des résultats obtenus.

Présenté par Mamadou DIAWARA

Responsable des Opérations, CAMIDE

Facilitateur

Avec l’appui technique de JocelyneYennenga Compaoré

Atelier Performance Communication Ouagadougou, Burkina Faso

 

Source Bibliographique :

  • Pas à pas pour capitaliser, Jocelyne Yennenga Kompaoré et Bernard Lecomte, GRAD, 2007 
  • Des histoires, des savoirs, des hommes : l’expérience est un capital, Pierre de Zutter, Fédération pour le Progrès de l’Homme (FPH), 1994
  • Introduction à la capitalisation d’expériences, Formation et note de synthèse réalisée par le CIEDEL, Gilbert Graugnard, Véronique Quiblier, 2006